La voix, le sonore, les paroles, c’est ce qu’on fait émerger entre deux silences.
Comment laisser advenir la sensibilité ? Les émotions ? Quelle respiration ? Quels silences ? Comment ça sonne ? Quelle présence pour notre corps ? Comment s’anime-t’il ? Quelles voix sommeillent en nous ? Comment les réveiller ? Les animer ? Quel silence ? Quels petits bruits aimons-nous faire ? Quel plaisir ça procure ? Comment peut-on s’exprimer par bruit ? Lesquels ? Des chants, Qui ? Quand ? Pour quoi ? Quelle langue ? Dire ? Quel silence ! Contourner le dire ? Vociférer ? Pépier ? Babiller ? Sans intention mais avec les autres. Laisser advenir ce qu’on ne soupçonne pas comme poésie et le laisser vivre comme ça, poétiquement.
C’est drôle, ça amuse. On ne démontre rien. On n’a rien à vendre. Sans argument. On n’a pas besoin de convaincre. On n’est pas la pour s’asseoir sur le monde, ni sur les autres. On est à côté des autres. On n’a pas besoin d’être tout.e propre sur soi. Ça n’a l’air de rien. La voix, ça sort ou pas. Ça peut sembler grotesque, un enfantillage. La voix, des fois c’est beau. Des fois, c’est moche. Dans le moche on peut sortir le beau : c’est l’amusement. C’est vivant. On rit : on joue. L’oral c’est du mimétisme. On répète l’autre… Du partage. La voix. Un fluide. Aérien, caillouteux. Voire bouillasseux. Ça se déploie. Se déplie. Se replie. Se referme. Ça se malaxe, se mallée. Ça n’en finit pas de recommencer.