ESCALE
Il n’est pas là mais sur cette page. Sans lui avoir jamais parlé. J’aimais bien être où il était.
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Des marches à pas feutrés sur un sol inhospitalier, comme si j’avais dérobé la vie à quelqu’un d’autre pour être dans la mienne. Qu’elle était un dû. Si toutes les faces de mon monde étaient la propriété entière de quelqu’un d’autre. Sans projection. Tungstène spatial Comme de rendre des comptes de nous propre. LEURre… Gommer ses propres pas. passer inaperçue, inouïe, pour ne laisser aucune trace
Vivre invisible sur le parterre des autres, des outre mondes, des ombres, qu’on les garde pour soi, que l’on s’accapare comme un poisson dans un bocal ? La clandestinité. Qu’est-ce qui pousse ? Des mondes de l’autre monde. Comment sentir de ne pas avoir d’accès au parterre, ni un sien, ni le même pour tout le monde sauf soi. Pourquoi pas par terre ? Parterre ? Pas de pas terrien. C’était fugace lui. Il. [IL] il -il- (il) : île ! Sa description en forme de lettre de motivation en trois mots : Affairé discret assidu. Mot et Pas, deux fois une syllabe en deux, qui résonne d’assurance tangible pour l’oreille. & 4 curieux ! Délectation du dehors secrète à vivre l’Autre. Azote Des présences inopinées. On peut pas dire qu’il m’ait franchement vue, ni reconnue ou sentie. Enfin rien qui le dise. Pas d’échanges, pas de phylactères de buée, pas goûter aux paroles avec lui, ni conventionnelles, même pas une seule rudimentaire/Vide du sens des mots qui fuite. Pourtant un lieu. Aller Sa présence, silencieuse oscillante qui vibre fort, dont le présent simple accueille, poursuit le vivant, piste les altruismes/ Etincelles Dans la représentation, le conjuguer à l’imparfait sans pouvoir rentrer dans aucune convention. Ne surtout pas/Juste en reconstituer un langage hégémonique du passé. & 4² sa curiosité d’aller voir plus loin, couplée à une certitude qu’on vit tous de concert l’autre, qu’un peu de nous qu’on le veuille ou pas habite dans l’autre J’aimerais bien être où il était, ça m’a donné du bien-être dans mes pieds ravalés, recroquevillés à l’intérieur de ma coquille, suspendue à mon apnée. Pas besoin de regarder dans les yeux pour sentir, pas besoin d’accord tacite d’échanges pour s’entendre. J’ai bien aimé écouter sa présence quand il y était, dans l’atelier, faut dire que c’était chez lui, pas sa propriété, pas ça vraiment, plutôt comme un poisson qui habite une eau vive. Affairé dedans, portés par des intérêts venus de la nuit des temps, frétillants plus grands que nous. Une eau qui bruisse de rites humains de tous bords, en toutemps, un bric-à-brac d’initiations qui lient les vies entre elles.
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‘Il dialogue avec soi en double-spirale opposée avec le monde qui quand elle croît vers l’univers creuse notre foyer du coeur intérieur’, le vase des connexions tribales fluides et magnétiques pénétrantes. HOOD//WOOD, tourbillons primitifs aux merveilles de silences bruissants qui propagent un peu plus loin l’écho de soi, air tangible et évanescent qui évapore des murs. Ne pas épouser bêtement tous les contours. Ne pas s’épouser stupidement avec les contours, collée dans une toile. Aller voir plus loin J’aimais bien être où il était, à l’intérieur de ma coquille, suspendue à mon apnée, enserrée dans mon mutisme, en sortir. Quand j’arrivais à l’atelier où il était affairé, jamais à moins de cinq mètres de sa personne, ma présence intérieure se murmurait « Cabane ! ». ‘Perchée/Sauvée’. Le pouvoir de pouvoir être une présence, laisser tomber l’ombre. Une pause Un « pouce » dans le tempo. Sur le temps d’exhalation, le relâchement, ma pensée fureteuse end décompression. Dire ouf loin de la peau de quelqu’un. Pas de désir juste un autre humain. Une présence avant de l’action, son corps précédé par cette petite musique, sa discrétion d’être. Fugace dans l’atelier où il a été. Ponctué par une phrase finale. Dans le pas vivant, on dirait que son « être-là maintenant » n’est plu, devenu un « être-plus-là », un « être-au-delà ». On parlerait de blanc, de noir, de mémoire et d’oubli, d’autres trucs du genre, dans un sens ou dans l’autre, des bocaux de mots dérisoires jonglant avec ce genre de contrastes de représentations manquées Verbal/Bocal.. Verbaux/Bocaux. Confusion bruyante dérisoire avec insignifiant. Les bruissements de sa présence sont restés. Tintements, vague de chaleur. J’aime bien ça. La gratitude pour un instant avec les pieds posés quelque part. Souffler sans givre sur la toile, sans ombres sur la buée, sans apnées sur son corps.